Assurance & budget

Assurance au kilomètre : est-ce vraiment avantageux pour votre budget ?

Par Maxime
6 minutes

Une nouvelle façon d’assurer sa voiture face à l’évolution des usages


La mobilité connaît une transformation profonde : urbanisation, essor du télétravail, développement des alternatives à la voiture individuelle… En parallèle, les automobilistes cherchent à maîtriser leurs dépenses, notamment en matière d’assurance, poste de dépense non négligeable dans le budget auto. Face à ce contexte, l’assurance auto au kilomètre s’impose comme une solution innovante au discours simple : payez en fonction de votre utilisation réelle. Mais ce mode de tarification est-il vraiment source d’économies ? Quels profils sont concernés et comment fonctionne-t-il ? Décryptage complet et conseils avant de franchir le pas.


Comment fonctionne l’assurance “Pay As You Drive” ?


À la différence de l’assurance auto traditionnelle, la formule dite “au kilomètre” – ou Pay as you drive – propose un calcul des cotisations selon la distance réellement parcourue par le véhicule durant l’année. Deux modèles principaux existent :


  • Forfait kilométrique : vous choisissez un seuil annuel (par exemple 5 000, 8 000 ou 12 000 km). Si vous ne le dépassez pas, vous payez moins cher. Au-delà, un supplément est facturé ou le tarif bascule vers celui d’une police classique.

  • Tarification au kilomètre précis : le montant exact de la prime dépend des kilomètres comptabilisés. Un boîtier connecté (“boîtier télématique”) ou la déclaration de votre compteur permet de suivre précisément vos trajets.

L’objectif est de coller au plus juste à votre usage réel, à la façon de l’énergie ou du téléphone mobile. Les gestionnaires estiment, grâce à ce dispositif, offrir une grille tarifaire adaptée et transparente — notamment pour les petits rouleurs.


À qui s’adresse l’assurance au kilomètre ?


Cette formule cible en priorité les conducteurs qui parcourent peu de distance annuellement, le plus souvent :


  • Habitants de grandes villes dont la voiture reste utilisée ponctuellement le week-end ou pour des vacances ;

  • Utilisateurs de voitures secondaires (deuxième véhicule, cabriolet, voiture de collection, etc.) ;

  • Retraités, étudiants ou personnes pratiquant le covoiturage, l’autopartage ou les transports en commun pour leurs trajets quotidiens ;

  • Actifs en télétravail plusieurs jours par semaine ;

  • Automobilistes soucieux d’optimiser leur budget auto de façon objective.

En règle générale, si votre kilométrage annuel est inférieur à la moyenne nationale — soit autour de 12 000 à 13 000 km selon les dernières statistiques — la formule peut devenir avantageuse. Les assureurs annoncent des économies potentielles de 20 % à 40 % pour un “petit rouleur”.


Avantages et inconvénients : panorama objectif


Les points forts à retenir


  • Économies tangibles : pour un faible kilométrage, la prime est structurellement inférieure à une assurance classique à garanties équivalentes.

  • Simplicité et équité : vous ne payez que ce que vous consommez, fini le sentiment d’injustice de devoir financer le risque global des gros rouleurs.

  • Démarche incitative : ce système encourage à limiter ses déplacements inutiles, ce qui favorise indirectement l’écoconduite et la réduction de l’empreinte carbone.

  • Adaptation aux nouveaux usages : mode de travail hybride ou mobilité partagée, l’assurance au kilomètre s’accorde à l’évolution des comportements.

Les aspects à surveiller ou négocier


  • Résiliation ou surcoût si dépassement du forfait : il faut anticiper son kilométrage, sinon la facture peut grimper rapidement en cas d’aléa (déménagement, changement pro, etc.).

  • Installation du boîtier connecté : bien que de plus en plus simplifiés, certains dispositifs exigent une pose en garage ou chez un partenaire agréé.

  • Confidentialité et collecte de données : le boîtier télématique, anonymisé pour la plupart des assureurs, peut interroger sur la vie privée. Vérifiez la politique d’utilisation et la restitution des données personnelles.

  • Offre limitée pour certains profils : les jeunes conducteurs, conducteurs malussés ou assurés avec antécédents risquent de se voir proposer des tarifs moins compétitifs, car le risque demeure le premier critère de sélection.

  • Tarification complexe pour les véhicules professionnels : en cas d’alternance entre usage privé et pro, l’offre au kilomètre est rarement adaptée.

Exemples concrets d’économie réalisée


Pour illustrer l’intérêt budgétaire, prenons deux profils typiques :


  • Laurence, 65 ans, retraitée à Lyon : elle utilise sa citadine pour 5 000 km/an, essentiellement pour aller au marché, rendre visite à sa famille ou partir en week-end.

  • Hugo, 30 ans, télétravailleur à Nantes : il réalise 8 000 km/an, alterne vélo et voiture, effectue la plupart de ses déplacements urbains à pied.

Situation 1 : En assurance auto tous risques classique, Laurence payait environ 600 € annuels.
En passant à une offre au kilomètre avec un forfait 6 000 km, sa cotisation tombe à 420 € à garanties équivalentes : une économie de près de 30 %.


Situation 2 : Hugo était assuré au tiers renforcé à 430 €/an pour un forfait illimité. Avec un package au kilomètre (forfait 7 999 km), il passe à 320 € par an et bénéficie d’un contrôle simple de ses kilomètres via une appli mobile.


Leurs témoignages convergent : à condition de tenir ses engagements kilométriques et de piloter sa distance parcourue, la formule fait gagner clairement sur le budget.


Comment choisir la meilleure assurance au kilomètre ?


Les points à comparer


  1. Évaluez votre besoin réel : Analysez vos trajets de l’année précédente (via factures, entretien ou relevé du compteur) et prévoyez une marge de sécurité en cas d’imprévu.

  2. Comparez les forfaits proposés : Certains assureurs offrent des “paliers” rassurants en cas de dépassement ; d’autres appliquent immédiatement un surcoût. Privilégiez la souplesse.

  3. Vérifiez les conditions d’application : Modalités de déclaration des kilomètres, fréquence des relevés, mode d’installation éventuel du boîtier et éventualité de frais annexes.

  4. Surveillez les exclusions : Parfois, certaines garanties (prêt de volant, aide zéro kilomètre, etc.) diffèrent ou sont restreintes par rapport à une assurance standard. Analysez finement le tableau des garanties.

  5. Vérifiez la confidentialité des données : Informez-vous sur les politiques de stockage, d’utilisation et d’effacement de vos informations personnelles recueillies via le boîtier connecté.

Les principaux acteurs et niveaux de tarif pratiqués


Plusieurs compagnies généralistes ou spécialisées se sont lancées sur le créneau de l’assurance auto au kilomètre, telles que :


  • MAIF (Classique ou “Au Kilomètre”)

  • AllSecur (formule “AutoConnectée”)

  • Direct Assurance

  • Altima (Assur’kilomètre)

  • Lovys (jeunes urbains, offre totalement digitalisée)

  • Wilov (pay-by-day, paiement “à la nuit”)

Leur tarification est souvent “sur devis” mais pour un usage urbain et moins de 8 000 km/an (citadine ou compacte), la prime annuelle tourne entre 280 € et 500 € selon le profil, la zone et les garanties choisies. C’est 120 à 300 € de moins que la moyenne nationale en police classique pour équivalent.


Assurance au kilomètre, solution d’avenir ?


Dans le contexte actuel (coût du carburant, inflation, imposition des ZFE, changements de modes de travail), l’assurance au kilomètre s’inscrit bien dans la tendance de la “mobilité choisie” et contrôlée. Elle anticipe par ailleurs l’essor des voitures en autopartage, des flottes urbaines ou des véhicules de fonction transformés en services à la demande.


Les assureurs misent aussi sur la personnalisation accrue des services, en proposant des applications de suivi, des alertes en cas de dépassement du forfait et des récompenses pour les plus sobres ou prudents. Certains envisagent même de coupler la tarification à la conduite “responsable” (vitesse, freinages, habitudes) pour récompenser les comportements vertueux.


À l’inverse, cette formule reste à surveiller pour les conducteurs imprévisibles ou les familles qui voient varier chaque année leurs besoins de mobilité (jeunes au permis, étudiants, changement d’emploi), mais pour les profils stables, le potentiel de gain financier est réel.


Conseils pratiques avant de souscrire


  1. Faites le point sur vos trajets sur 12 à 24 mois pour ne pas sous-évaluer votre besoin.

  2. Lisez les conditions générales et les “petites lignes” relatives au dépassement kilométrique.

  3. Renseignez-vous sur le remboursement ou l’ajustement en cas de changement de situation (emploi, déménagement, etc.).

  4. Comparez avec les assurances traditionnelles sur deux ans et pas seulement sur la première année, souvent remisée.

  5. Privilégiez la transparence des relevés de kilomètres et gardez une trace concordante pour éviter les erreurs de facturation.

En résumé : une opportunité réelle, mais à usage ciblé


L’assurance auto au kilomètre répond franchement aux enjeux d’équité tarifaire, de budget maîtrisé et de responsabilisation des conducteurs. Son adoption permet de réaliser des économies substantielles, à condition d’avoir une maîtrise réelle de son kilométrage et de ne pas souscrire à la légère. Ce n’est pas la panacée universelle, mais un outil de personnalisation prometteur pour accompagner la mutation de nos besoins de mobilité.
N’hésitez pas à utiliser les simulateurs proposés par les assureurs et à consulter des retours d’expérience concrets sur Carnet Nomade : c’est à l’usage que l’on saura si ce modèle est fait pour vous – et votre budget !

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